Qui est le Burp ?

Selon Kibu

Bonjour lecteur.
L’histoire que je m’apprête à écrire, dans le cadre de cette rubrique fort particulière, est la mienne. Alors, oui, je suis effectivement censé parler du Burp, mais en fait, si tu avais la patience de me lire jusqu’au bout avant de l’ouvrir, tu éviterais urbainement de m’interrompre et de dire des conneries. Ta gueule donc, cher lecteur, car c’est avec un cœur un peu lourd et les mains tremblotantes que je vais m’adonner à ce brut exercice de déballage personnel, que j’exècre d’habitude, mais que là, je vais me forcer à pondre, parce que des fois, ben faut bien.

J’ai été perdu, cher lecteur. A un moment dans ma vie, je me suis perdu. Je me suis retrouvé dans des putains d’états et j’ai connu le bas de l’échelle. Le fond de la pourriture de ce que l’humanité peut offrir dans le tas de déjection émotionnelles qu’on nous étale sur la gueule dès la naissance. Sans vouloir me la jouer Rémi sans famille qui se retrouve perdu dans une ruelle entre un Fourniret et un Emile Louis, j’avais quand même quelques raisons d’en vouloir à des parents absents bornés à vouloir me fondre dans un moule familial pré-chié depuis des générations et qui ne laisse aucune place à la différence ou la réelle empathie.

Alors j’ai un peu erré pendant une grande partie de ma vie. Je me suis foutu en l’air de toutes les manières possibles, mais surtout (mais ça je l’ai compris bien plus tard), j’ai cherché un modèle. Ouais alors pour un mec qui a souffert du trop profond conformisme de ses semblables, ça fait attardé, mais je suis pas là pour me justifier, on a tous ses besoins. Même les féministes. Et comme c’est absolument toujours quand t’as renoncé à tout que tout te tombe justement sur la gueule, j’ai croisé la route du Burp.

Alors là, petit lecteur, je me permet un instant de poser dans mon récit un bref intermède qui fera aussi office de transition vers la seconde partie de ma vie : Le Burp n’a pas DU TOUT été la figure paternelle que j’ai si longtemps (mais bien involontairement) cherché. Non, j’ai d’abord croisé sa route dans un studio parisien où il exerçait déjà sur autrui ses jetées drolatiques à qui voulait bien l’écouter, mais aussi à ceux qui préféraient noblement l’ignorer, Le Burp n’a jamais vraiment fait dans la clairvoyance. Et pour être franc, il m’a agacé. Parce qu’il était meilleur que moi, parce qu’il s’entourait des gens dont je voulais m’entourer et surtout parce que je voulais faire pareil, là tout au fond de moi, dans ce petit coin de corps où mes larmes n’ont que trop rarement trouvé un pouce pour les sécher. Et cher lecteur, c’est un choc qui s’est produit en moi. A un moment donné dans le temps que la puissance émotionnelle mise en jeu m’empêche de situer avec précision, je me suis fondu en lui. Ou c’était l’inverse, pour être franc c’est flou. Il ne reste de ce moment qu’un vague souvenir de douleur, mais aujourd’hui, je peux le dire librement et sans avoir peur d’y perdre ma fierté, Le Burp m’a changé. Pour vous donner une idée, si j’avais été un réfugié soudanais doté d’une lèpre vengeresse, il m’aurait donné à manger et cousu des petits bandages faits avec ses pattes et sans doute directement des morceaux de son pelage. Il m’a prit dans ses bras et m‘a dorloté comme une nouvelle femme qu’on vient d’acheter en Bosnie. Et parce que la décence m’en empêche, je ne détaillerai pas dans les faits la quantité de choses qu’il a pu faire pour moi, et ce certainement sans le savoir.

Après tout cela, c’est avec les soleils se succédant devant mes épaules de plus en plus fières de se relever, que j’ai appris à voir la générosité mais aussi le talent de ce petit bonhomme d’être humain qui se ballade aujourd’hui sur les réseaux, semant derrière lui les graines de l’amour et du génie qui l’habitent et que je m’adonnerai à jamais de suivre, les yeux rivés vers l’horizon de cette petite boule orange qui cavalcade entre les mers et les monts.

Kibu
Je suis passé au scotch


Selon Julie-h

Je m’étais promis de ne jamais me poser cette question bien trop compliquée, et j’avais tenu bon jusqu’alors. Un e-mail plus tard, en ce mois annonçant l’automne, j’étais assise devant mon écran, une page blanche sous mes yeux rougis par la fatigue et la réflexion. « Qui est le Burp ? » m’avait-on demandé.
Flash back. Nous sommes en janvier. La neige tombe à gros flocons sur mon Québec d’accueil, et le froid polaire (un petit -30°C, de quoi attraper une chaire de Burp en sortant chercher le courrier de l’autre côté de la route) me tient bien au chaud près du feu de la cheminée. Entre deux cafés et trois mouchoirs (car oui, j’ai attrapé un rhume. C’est une drôle de bestiole à cause de laquelle j’éternue beaucoup. Sans doute parce que j’y suis allergique), je songe à mes petites habitudes belges loin derrière moi. Parmi mes préoccupations journalières figure, sur le haut de la liste, les nouvelles du Burp. Je crois que c’est précisément à partir de ce moment-là que j’ai su qui il était, sans pour autant être capable de le formuler. Savez-vous trouver les bons mots pour parler d’un nouvel ami ? Moi non. J’ai donc attendu, sagement, que les premiers émois se calment pour parler plus posément de ce compagnon de mon quotidien, à l’époque bien rempli (le quotidien, pas le Burp, bien que ce dernier soit un peu rondouillard).
Mon nouvel ami est apparu par hasard au printemps 2010 (merde, ça ne nous rajeunit pas tout ça). A l’époque, il était obnubilé par des chiffres. 300, puis 500, puis 666. A l’époque, je cherchais simplement une distraction entre deux études d’églises. Jusqu’au jour où je reçus une invitation. De « petit divertissement du jour », le Burp est très vite passé au rang de « réflexe du matin », puis à celui de « bonne habitude ». Il faut dire qu’il nous faisait jouer, à l’époque, à deviner la suite de ses aventures. Sans jamais perdre de vue ses fameux chiffres. Le Burp cherchait des amis avec lesquels jouer. Et ils déboulèrent, toujours plus nombreux, faisant ainsi la joie de cette petite chose orange. Les mois passèrent, les amis restèrent, et le Burp nous combla de ses aventures, attendues avec la même impatience.
Mais alors qui est le Burp ? C’est la question lancée dès le début et à laquelle je n’ai toujours pas répondu. A défaut de page blanche, lecteur, je t’offre une page qui se remplit petit à petit de souvenirs, à mesure que ma mémoire se repasse à vitesse rapide les cases, phylactères et yeux blasés de cet être orange dont la forme reste non identifiée. On dit de lui qu’il est un oiseau, et je pourrais le croire si seulement la Nature lui avait fourni un bec. Ses pattes, totalement disgracieuses, sont surmontées d’un corps enrobé contre lequel, je l’avoue, j’aimerais m’appuyer pour une petite sieste. Quoique… A la réflexion, non. La dernière fois que j’ai vu son épouse (oui, le Burp est marié), elle n’avait pas l’air commode. Ses aventures ? Nombre d’entre elles se déroulent dans un monde injuste où le client stupide est l’archi-roi, et où le Burp est la victime. Cynique, blasé, ses idées macabres pourraient au premier abord faire de lui un individu qu’il vaut mieux éviter. Mais non, le Burp sait qu’il est compris par ses amis, auxquels il montre une fidélité sans faille. Le Burp est attendrissant. Le Burp est gentil. On aime le Burp. Je m’égare.
Savant mélange de Zorro, toujours là au bon moment, et de bonhomme sourire, ses yeux globuleux sont les plus persuasifs qui aient jamais croisé mon regard. J’avais besoin d’une pause dans mes écrits, après un mémoire de 535 pages. J’en avais perdu ma plume… jusqu’à ce qu’un e-mail m’en transmette une nouvelle. Avec une question à laquelle je ne réponds qu’à moitié. C’était signé le Burp.
Peu importe ce qu’il est, mini-Casimir, oiseau sans bec, éponge de mer ou marionnette animée… Le Burp, c’est un ami, un compagnon, un être surprenant que l’on découvre jour après jour. Et si je n’ai pas encore fait le tour du personnage, ce n’est pas parce qu’il est légèrement enrobé, c’est simplement parce qu’il continue de surprendre malgré le temps qui passe.

Julie-h,

Belge exilée au pays de la tourte au caribou.
Le blog de Julie-h

Selon Injektileur

Il m’est apparu l’hiver dernier, au détour d’un clic. Au début je n’y croyais pas trop, j’avoue. Alors j’ai tâté la bête. Mais comme il ne se laisse pas tâter facilement, j’ai usé de moyens peu recommandables pour m’attirer ses bonnes grâces. Comme par exemple sonder la Toile de fond en comble pour chercher la moindre allusion « Burp = Casimir ».
La route a été aussi longue que les médisances nombreuses. J’ai beaucoup travaillé et dénoncé. Je n’en suis pas sorti grandi. Personne ne saura vous dire ce qu’il est advenu des calomniateurs mais je m’en lave les mains. On ne s’attaque pas impunément à un volatile manchot qui à force de volonté et de courage en presque 20 ans de temps s’est fait pousser des bras avec plein de doigts au bout.
Tout le monde pourra admirer la persévérance.

Et je le concède, j’ai beaucoup admiré le Burp.
J’ai été charmé par la fausse bonhomie provinciale – il vient de La Souterraine, dans la Creuse, ça s’invente pas – que cache une vraie violence cynique toute parisienne.
J’ai adoré l’amateur de Miyazaki qui sort dès que l’occasion se présente son fusil à pompe pour poutrer du zozio twitter.
J’ai été fasciné par la capacité à faire comprendre les horreurs et les fantasmes meurtriers qu’il a en tête (je pense à certains de ses collègues ou clients) sans qu’une seule case, bulle ou trait soit en trop. Comme si derrière les yeux globuleux souvent un peu blasés on pouvait lire à chaque case une certaine aliénation d’un individu « différent » au sein de notre société. Une société où il devrait être vital de jeter au feu la mascotte de « Citilim » ou René la Taupe. Sans parler des clients jamais contents, donc.
J’ai aussi beaucoup apprécié la misogynie latente de ce blog. Car non, nous n’avons quasiment jamais vu la femme du Burp, ou sinon dans des situations peu flatteuses pour elle. Politique louable s’il en est.

Maintenant, je dois confesser quelque chose, presque me repentir. Cela fait quelques semaines que j’échange régulièrement des e-mails avec notre cher volatile, et je me suis rendu compte de quelque chose qui m’a énormément déçu.
Le Burp est en vérité extrêmement sympa. Voire adorable. Voire – mon dieu – « gentil ». Et c’est affligeant.

Parce que selon moi, un blogueur BD qui répond au courrier de ses lecteurs, à tous leurs commentaires et les remercie dès qu’il en a l’occasion n’a de blogueur BD que le nom.
Le Burp s’intéresse sans arrière-pensées à celles et ceux qui passent chez lui. C’est pas branché, c’est pas parisien. C’est tout simplement dommage.
Il se murmure même qu’il serait en train de fonder un club, avec ses copines et ses copains les plus proches, en opposition avec tous les vrais grands « auteurs » qui, en vrais grands « auteurs » qu’ils (elles) sont, ne se sentent plus péter une fois qu’ils ont atteint un certain nombre de followers ou fans facebook. Ou encore mieux, quand ils (elles) se retrouvent en tête de gondole à la Fnouc.
Ce sont elles, les « vraies ». Ce sont eux, les « durs ».

Donc, je suis très embarrassé, et oui, déçu. J’en attendais plus du Burp en tant qu’artiste. Mais j’ai toujours été un peu optimiste – c’est un défaut – et je suis persuadé qu’un jour, le Burp deviendra enfin un gros con parce que le public aura reconnu son grand talent.

En bref, si vous l’aimez, ou plutôt si vous aimez ce qu’il fait, parlez de lui ! Et priez pour qu’il ne vous en soit pas reconnaissant.


Injektileur Injektilo
http://www.pourlamaingauche.net/

Selon Drunken Kiwi

Le Burp, nombreux sont ceux qui se posent la question de ses origines et bien malin celui qui peut prétendre détenir la réponse. Par chance je fais partie de cette fraction d’élus qui connaissent l’ultime vérité. Je peux l’affirmer bien haut je connais sans l’ombre d’un doute la genèse du Burp et comme je suis d’une nature très généreuse en ses temps de crise, je m’en vais de ce pas vous faire partager mon savoir. Si bien sur vous veillez à ce que ma gorge ne s’assèche pas trop durant mon exposé, du rhum fera parfaitement l’affaire, je me méfie de l’eau qui dort aux fonds des bouteilles en plastique.

Laissez moi vous compter cette belle histoire par le commencement.

C’était il y a bien longtemps, dans un temps que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître. C’était approximativement au moment où Groquick avait disparu. Les autorités avaient prétendu qu’il s’était enfuit avec des extraterrestres et que son cousin Quicky l’avait remplacé. Les ficelles étaient trop grosses et il ne faisait nul doute que la vérité était ailleurs, aussi avec quelques amis, on s’était mis à enquêter sur ce qui semblait bien être un enlèvement. Comme toujours dans ce genre de cas personne n’avait rien vu ni rien entendu. L’enquête commençait par une impasse … jusqu’au jour où.

Jusqu’au jour où un de mes informateurs m’a indiqué avoir un tuyau de premier ordre, un truc plus frais qu’un iceberg islandais. On aurait aperçu Groquick dans le centre de l’Afrique, dans un village reculé de sauvages. Si je n’avais pas eu une confiance totale dans mon indic je n’y aurais jamais cru. Aussitôt j’ai sauté dans le premier avion en partance, direction les terres lointaines et ensoleillées.

Trouver un village en plein milieu de la jungle, des bêtes sauvages, des maladies tropicales, c’est pas si simplisme : impossible de trouver un abris de bus ou un plan pour s’orienter. J’ai quand même réussis à trouver le village en question, après quelques détours et demi tours tout de même.

Une trentaines de sauvage étaient réuni autours d’un totem en bois sur lequel était attaché le Burp. Avec une pomme coincée entre les mâchoires et ses yeux écarquillés il ne semblait pas très content de sa position. Les sauvages n’étaient visiblement pas trop absorbés par leur chorégraphie pour remarquer ma présence car ils se retournèrent comme un seul homme face à moi. J’ai cru que mon coeur s’était mis à battre à l’envers et j’en oubliais presque ma déception de n’avoir retrouvé Groquick.

Le grand sorcier des sauvages s’est approché de moi et s’est exprimé dans un français plutôt correct, une chance car je ne maîtrise que très mal les rudiments du dialecte sauvage.

« Qu’est ce que tu veux petit poulet marron ?

- Sauf ton respect grand sorcier je suis un kiwi.

- Oui si tu veux petit poulet marron, alors dit ce que tu veux ?

- J’aimerais juste savoir qui est attaché à ce piquet.  »

Le grand chef s’est tourné un instant en direction du Burp, qui ne disait toujours rien, sans doute à cause de la pomme. Mais je suis certain qu’il n’en pensait pas moins.

« Lui ? mais c’est dieu de la boite, bien sur. » Et aussitôt de désigner d’un doigt long et osseux un monticule sur lequel trônait une vieille boite de Nesquick entourée de breloques diverses et douteuses.

« Euh … tu veux dire que c’est Groquick ? Non mais je crois qu’il vous faudrait d’urgence des lunettes car c’est tout sauf … »

Je fus interrompu par la vision d’une soixantaines d’yeux hostiles. La vie finalement n’est qu’une question de point de vue, au regard des lances aiguisées je me dis que finalement c’était peut-être ma vue qui m’avait joué des tours.

« … à bien y regarder, vous avez certainement raison, grand sorcier.

- Avec magie des ancêtres grand sorcier a appelé dieu de la boite. Et maintenant nous manger dieu de la boite pour avoir pouvoir. »

Le regard du Burp indiquais clairement son désaccord sur la suite du programme. J’aurais pu abandonner le Burp à son funeste sort et choisir la voie de la lâcheté en lui tournant les talons. Mais non, n’écoutant que ma fibre chevaleresque et mon irrépressible manie de chercher les rixes un peu partout je décidais d’affronter le danger en face.

D’ailleurs vous vous en doutiez car sinon, auriez vous entendu parlé du Burp ? Sans mon intervention nous serions passé à coté de ce monument bloguesque, au mieux aurions nous juste eu droit à un entrefilet dans le cannibale magasine.

D’ailleurs si le coeur vous dis de me remercier pour mon courage sans bornes, sachez que j’ai un faible pour le rhum martiniquais.

Revenons à nos sauvages. Notez que ce mot n’a aucune connotation raciste et que je l’utilise aussi bien pour désigner le papou de Nouvelle Guinée que le fan de Britney Spears. Quand je regarde un digne papou et un skinhead supporter du PSG, croyez bien que l’objet de ma sympathie à un os dans le nez. L’homme moderne se crois supérieur à son homologue sauvage car il est fier d’avoir inventé la voiture, la pollution, le stress, le racisme et les embouteillages alors que le sauvage ne passe son temps qu’à profiter de l’existence et à contempler la nature. Le sauvage se croit lui aussi supérieur à l’homme moderne pour les mêmes raisons. 


J’avais donc face à moi une trentaine de guerriers aguerris armés de lances, un sorcier suspicieux et un Burp ficelé comme un rôti. Et comme si cela ne suffisait pas, pas le moindre débit de boisson à moins de trois cents kilomètres à la ronde.

Il fallait absolument trouver une idée de génie avant que le pire ne se produise, en moi même j’invoquais Mac Guyver. Il faut croire que ma bonne fée devait être bien lunée ce jour ci car, fait exceptionnel, une idée de génie me traversa l’esprit.

Je demandais une audience privée avec le grand sorcier afin de m’entretenir avec lui de quelques détails de la plus haute importance. Quelques instants plus tard je sortais seul de la hutte du grand sorcier, et je m’empressais de détacher le Burp et de lui retirer sa pomme. D’autres vous le diront : je ne rechigne jamais à plonger ma main dans la gueule de mon prochain, même pour en retirer un fruit un peu dégoulinant de salive.

« Pour la faire courte, si tu as d’autres projets que de finir en plat principal, je te conseille de me suivre

- Mais tu es …

- Non, il est encore trop tôt et ce ne sont pas les bars qui pullulent ici !

- … un kiwi ?

- Finement observé. Et vous êtes ?

- Le Burp. Barnabé Assurbanipal dit le Burp.

- Bon ce n’est pas tant que les civilités me déplaisent mais je te proposerais volontiers de quitter ce coin pour des cieux plus cléments et moins peuplés d’anthropophages soucieux de varier leur menu quotidien par un Burp à la broche.

- Et le grand sorcier ? Il ne va pas nous en vouloir de fuir à l’anglaise ?

- Il est en transe et il devrait le rester longtemps.

- Et la bosse sur le haut du crane c’est un effet secondaire de la transe je suppose ?

- Tu pinailles … »

Le Burp et moi même avons esquissé un semblant de mime pour tenter de leur expliquer que leur haute sommité religieuse était fortement occupée à compter les gnous qui sautent par dessus la barrière et que nous allions revenir promis mais pas juré quand même.

« On va prendre ma pirogue pour descendre la rivière c’est plus sur, lui dis-je

- C’est ça ta pirogue ? »

La captivité doit développer les aptitudes à pinailler. Une superbe baignoire à pied en fonte de 1820, avec la robinetterie d’origine, franchement que demander de mieux.

« Et elle flotte ? » Me demanda mine de rien l’orange volatile et alternant des coups d’oeil inquiets entre l’embarcation et la troupe d’affamés suspicieux. 


Certains vont m’objecter qu’une baignoire en fonte est bien trop lourde pour flotter et qu’Archimède est intraitable sur ce point. Tout d’abord laissez moi vous dire que je ne connais pas personnellement ce monsieur Archimède et que je me fie plus volontiers à mon avis qu’au sien. Cette baignoire ne flotte pas au sens littéral du terme mais plus exactement l’eau la porte par dégoût. L’avantage comparé de la fonte par rapport au caoutchouc c’est que la fonte résiste aux assauts des piranhas. Même si les piranhas sévissent principalement en Amérique du sud : on n’est jamais assez prudent. Qui sait ce qui peut se passer dans la tête d’un piranhas.

Après une longue traversé entrecoupée de crocodiles, de fauves affamés, de merguez frittes, de suspens et de frissons nous accostions enfin aux larges de côtes bretonnes. Oh Breizh me ‘gar ma bro … pardon. On aurait effectivement put accoster sur une plage landaise, cela aurait fait moins de route c’est pas complètement faux. Tout bon marin vous le dira : rien ne vaux les cotes bretonnes. Le granit c’est solide, il n’y a aucun risque de l’esquinter en abordant.
Ceci n’explique pas véritablement l’origine du Burp me diriez vous et vous auriez raison. Bien sur je pourrais me laisser aller à vous dire que mon verre et vide et vous laissez sur ma faim comme je reste sur ma soif mais je suis un volatile de parole. Bien que je doute que vous soyez un triple doctorant en physique quantique et que vous n’avez sans doute jamais entendu parler de la dimension Poznave je vais essayer de vous résumer la technique utilisé par le sorcier. En utilisant une technique dont je passerais sous silence les détails les plus pointus, ont peu créer un champ d’improbabilité brownien. C’est à dire un champs ou les probabilité peuvent devenir négative : en somme ou l’impossible devient possible. Du coup ce n’est plus impossible puisque c’est possible … mais passons.
En orientant le champs grâce à de puissants attracteurs de murphy ont peu orienter la polarité du champ obtenu. Je pense que le sorcier à du négliger la constante de Madrika, c’est une erreur fréquente dans ce genre d’expérience. Donc au lieu de rappeler Groquick, c’est le Burp qui s’est pointé.
Bien sur vous pourriez m’objecter que tout cela est purement impossible et que ce n’est que balivernes et branquignoleries grand-guignolesques mais dois-je vous faire remarquer que vous discutez à un kiwi bretonnant et passablement éméché depuis le début de ce texte ?

Drunken Kiwi
Dernier représentant des aptérygidés bretons, dégustateur patenté de rhums et de fins spiritueux.
http://drunk3nkiwi.wordpress.com/ 

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